Le travail d’UX designer et d’ergonome passe par une importante phase de conception qui démarre par l’idéation. Cela consiste à générer des idées et à les illustrer. Le scketching, que l’on peut traduire par la création de croquis va donc servir d’outil primordial dans cette phase de création et d’échange.

Qui ne commence pas par exprimer ses idées en les notant ou griffonnant sur papier ? Sachez que cette petite habitude n’est pas inutile et encore moins une perte de temps lorsque l’on veut illustrer ses premières idées d’interface. Le sketching est en effet un outil de conception important à savoir maîtriser lorsque l’on pratique la méthode UX. Nous allons voir comment le mettre à profit lors de la conception d’interfaces.

Le concept du sketching

Avant de démarrer par la liste des outils idéals à avoir pour réaliser des croquis, il est intéressant de revenir sur le concept du sketching. Pourquoi faire du sketching ?

Le sketching consiste donc à faire des croquis pour donner forme à ses idées et si possible à toutes ses idées. Pas besoin d’être bon en dessin pour s’y mettre et donc pour être UX designer, rassurez-vous. Au contraire, il s’agit de faire simple, efficace et rapide. Il sert à exprimer une idée de façon visuelle. Le réel but du sketching est avant tout fonctionnel. Il ne consiste pas juste à visualiser un placement des éléments sur une page et de simplement les décrire. Il s’agit aussi d’apporter des premières idées de fonctionnalités, pour naviguer entre les interfaces par exemple. Dans un deuxième temps, l‘intérêt principal de faire du sketching est de communiquer ses idées simplement et sans engagement. Il permet de les communiquer plus rapidement avec les autres et du coup de résoudre les problèmes posés durant la phase d’étude avant d’attaquer la création des wireframes. Voici les avantages à l’utiliser.

  • Le sketching aide à penser différemment. La visualisation de l’idée va amener à découvrir d’autres problèmes auxquels il faudra aussi des solutions.
  • Il permet de générer une variété d’idées rapidement. Dans son livre sur la méthode UX design, Sylvie Daumal propose un exemple concret pour illustrer le besoin de créer le plus de dessins possibles. Un professeur de poterie avait deux groupes d’élèves. Au début du semestre, il demanda au premier groupe de réaliser un maximum de poteries, avec comme objectif d’en produire le plus possible. Ils seraient jugés sur la quantité pour obtenir leur note. Il demanda à l’autre groupe de se concentrer sur la qualité en ne produisant qu’une seule poterie qui serait la plus parfaite possible. À la fin du semestre, les élèves qui avaient produit le plus de poteries ont réussi à en proposer quelques unes qui étaient bien plus qualitatives que celle de l’autre groupe. Bien sûr tout n’était pas à conserver ! Ce qu’il faut retenir, c’est qu’en produisant en quantité, on élimine ce qu’il y’a de plus bancale et on a plus de chance d’aboutir à une bonne solution.
  • Le sketching permet d’explorer des alternatives en prenant moins de risque. Nous n’en sommes pas encore à réaliser des wireframes. Ce qui est présenté sert de base d’échange. Il s’agit d’éliminer certaines propositions plus que de les valider. Après tout, ce ne sont que des croquis !
  • Le sketching va encourager et favoriser la discussion collective et l’échange entre les différents intervenants. Chacun se sent plus impliqué et va apporter son expertise pour faire avancer les choses dans le bon sens.

On peut alors appliquer le sketching lors des réunions de brainstorming avec les parties prenantes au projet voir même avec le client. Il est par ailleurs conseillé de le pratiquer dès la prise de brief. Il ne faut pas perdre une seule idée qui pourrait émerger dans notre esprit. Les questions à se poser sont au conditionnel. « Que faire si nous pouvons… », « Que faire si nous sommes limités par…? » sont les deux grandes interrogations réflexes à avoir. Il est donc utile et nécessaire de garder les objectifs du projet devant les yeux, ainsi que tous les éléments d’étude que nous possédons. Prenez donc cette étape de conception très au sérieux !

En pratique : les outils nécessaires au sketching

Si la pratique du sketching n’est pas naturelle, il est alors conseillé de le pratiquer un peu tous les jours. Toujours dans son livre Design d’expérience utilisateur, principes et méthodes UX,  Sylvie Daumal donne quelques idées d’entrainement à faire pour y arriver. Il faut ainsi commencer par tracer des lignes les plus droites possibles en prenant son temps, puis des formes géométriques, des cercles et enfin dessiner des personnages et des expressions du visage.

Quels sont les outils du sketching ?

Il n’existe pas une liste d’outils idéale. Voici ici celle proposée par Leah Buley sur le site adaptivepath.com. Elle est complétée par d’autres références, mais chacun peut utiliser ce qu’il veut et ne pas hésiter à y intégrer ses propres outils.

  • Une variété de stylos noirs de taille de pointe différente : le blog Georgia-gibbs propose 3 tailles de stylos : chisel (type surligneur), regular et super fine.
  • Un stylo rouge à pointe fine : l’idée est de mettre en évidence les interactions avec ce stylo. Vous pouvez utiliser une autre couleur, mais c’est ce que conseille Leah Buley.
  • Un marqueur gris : utile pour faire des ombres et apporter du relief à ses croquis. Ben Tollady, dans sa présentation de ses 10 outils d’UX favoris, en utilise un bleu pour marquer les différents blocs de séquence qui peuvent être présents sur une page web, ou encore faire ressortir les boutons d’action.
  • Un crayon à papier bleu à photo : ce crayon permettra d’écrire des notes par dessus les croquis sans gêner la visibilité du dessin dans son ensemble. En effet, il ne s’affiche pas sur des impressions. Cela permet d’avoir une version avec et sans annotations. C’est aussi intéressant pour faire des essais d’interaction.
  • Des gommettes ou du papier collant : le sketching s’inscrit dans une approche collaborative. Il faut donc pouvoir montrer ses croquis à l’ensemble de ses collaborateurs. Avoir des gommettes ou du papier collant vous servira tout simplement à coller vos croquis sur le mur pour avoir une vision globale de tout ce qui aura été proposé.
  • Le carnet, note book ou sketch note : choisissez en un où vous pourrez détacher les feuilles facilement. Si certains préfèrent croquer sur page blanche, d’autres comme Ben Tollady préfèreront utiliser des pages avec une grille pour avoir les bonnes proportions. Il n’y’a pas de taille de carnet spécialement recommandée. Comme on l’avait vu avec Greg Nudelman, on peut choisir un carnet de taille adaptée au format du device concerné par le projet. Un note book de petit format prend facilement la taille d’un écran mobile par exemple.

Vous connaissez maintenant ce qu’il faut mettre dans votre trousse pour sketcher ! Le sketching s’apprend donc pratiquez le tous les jours jusqu’à ce que vous vous sentiez à l’aise. Vous pourrez ensuite vous essayer au sketchnoting !

Icon : taryn oshiro wachi from the Noun Project