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Cela fait un moment que l’application Mapstr est sortie, mais elle mérite qu’on s’y intéresse encore. Elle est, en effet, une des rares applications mobiles que l’on est amené à utiliser régulièrement et nous allons comprendre pourquoi. Mapstr (voir le site web de l’application ici : http://mapstr.com/) est une application mobile de bookmark de bonnes adresses déjà fréquentées ou à tester. Il ne s’agit pas d’une application spécialement complexe ou innovante. D’ailleurs, il en existe plusieurs qui proposent ce service. Foursquare ou encore Yelp ont déjà largement exploré le concept mais sous un angle plus social et de recommandation. À la différence de ces deux applications, Mapstr a réussi à se démarquer.

Mapstr comme Map


Pour l’utilisateur, l’intérêt d’utiliser Mapstr est simple : enregistrer ses bonnes adresses de restaurant, de shopping, de lieux culturels… Le tout est accessible sur une map où des pins permettent de retrouver l’adresse et les informations sur le lieu (site, horaires, itinéraire…).

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La carte interactive de Mapstr avec les pins des adresses enregistrées.

Là où cette application se démarque vraiment, c’est qu’elle a réellement pris en compte la condition de mobilité de l’utilisateur. Elle a pensé à la condition d’utilisation de l’application, à savoir dans la rue. C’est en passant devant un lieu qui nous plaît ou en quittant un lieu que nous avons fréquenté et apprécié que nous voulons nous souvenir de son emplacement. Autre moment où nous aurions besoin de Mapstr, celui où on cherche un lieu qu’on a apprécié mais pour lequel nous n’avons pas mémorisé l’adresse. Ici aussi, nous sommes en situation de mobilité. Que fait-on alors ? Nous regardons un plan sur notre mobile ! C’est sur cette habitude d’utilisation que Mapstr s’est basée pour imaginer son parcours utilisateur. La principale fonctionnalité, et la plus utile de cette application, est la carte interactive affichée dès l’ouverture de l’application. On aurait pu se contenter du parcours de navigation simple et efficace suivant : chercher le lieu, rentrer l’adresse, l’app la trouve et on l’ajoute à ses favoris, sélectionner des catégories de lieu pré-définies par l’app et hop ! On accède ensuite à sa liste de bonnes adresses. Ici, on ouvre l’application et on accède directement à un mode vue carte qui géolocalise tous les lieux que nous avons bookmarké à proximité de notre position. C’est comme si, on avait pensé à ouvrir Plan ou Google map finalement. Cela est aussi très bien approprié à la situation où on enregistre une bonne adresse. Un bouton + en bas de la page, discret mais bien distinct, propose d’ajouter une adresse via 3 actions : renseigner sa position exacte si on est devant le lieu, prendre une photo, ou ajouter l’adresse à la mano.

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Le bouton + pour ajouter une adresse.

Parce que l’intérêt principal pour Mapstr, et toutes les applications d’ailleurs, est qu’elle soit utiliser régulièrement. L’utilisateur a bien des occasions de l’utiliser, mais encore faut-il qu’il y pense. Ainsi, avec cette carte, Mapstr créé bien une récurrence d’ouverture de l’app. L’utilisateur bookmarke ses adresses favorites ou qu’on lui a recommandé mais il se rappelle aussi qu’il possède une app avec SA propre carte personnalisée. L’utilisateur pensera donc à ouvrir Mapstr. La carte interactive c’est très bien, mais il faut aussi s’intéresser aux fonctionnalités proposées pour enregistrer les adresses. Comment positionne-t-on l’adresse et comment la retrouve-t-on facilement ?

Taguer ses bonnes adresses

Deuxième fonctionnalité qui pousse à avoir le réflexe Mapstr, la création de tags associés à chaque adresse enregistrée. Restaurant, shopping, bar ou club sont les catégories de lieu proposées à la base et c’est normal. Il faut bien guider l’utilisateur ! Mais le plus intéressant est que l’utilisateur se créé lui-même ses propres tags. 

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Les tags créés par l’utilisateur, accessibles facilement pour filtrer l’affichage de ses adresses.

En effet, si on bookmarque un restaurant, on aimerait quand même pouvoir indiquer le type de cuisine associé. Et si nous n’aimons pas la cuisine japonaise ? Cette catégorie ne nous sert strictement à rien. On peut aussi tomber sur un restaurant à la cuisine très particulière qui ne sera pas présentée par l’app. D’une manière plus personnelle, on aimerait aussi se souvenir si le restaurant est cher ou non, s’il propose des plats à emporter uniquement, ou encore noter ce qui nous a le plus marqué : meilleure vin, le plus beau serveur… Ce mécanisme de création de tags est ingénieux car le meilleur moyen de se souvenir de quelque chose est de se donner des moyens mémo-techniques de les mémoriser. Il faut donc laisser l’utilisateur choisir lui-même ses catégories pour qu’il se souvienne qu’il a bookmarké une adresse. En plus de créer soi-même ses propres tags, l’utilisateur va bien sûr pouvoir les retrouver plus facilement en filtrant l’affichage des adresses sur la map, par tag. Ainsi, il a un moyen simple d’afficher uniquement les bonnes adresses qui l’intéresse. Il ne les cherche pas pendant des heures, car il sait lui-même qu’il les a créé ! Cette recherche de lieu est également influencée par sa mémoire. Il pense à utiliser Mapstr car il se souvient qu’il a bookmarké des adresses qui font appel à ses souvenirs. Mapstr s’est donc basée sur les émotions de l’utilisateur, pour que ce dernier pense à utiliser l’app. Ici, il s’agit de sa mémoire. Il créé une catégorie qui lui est propre et donc sait qu’il l’a enregistré sur Mapstr. De même, la liberté de lier un souvenir à un lieu l’amènera plus à utiliser l’app. À noter qu’en plus d’une vue carte de ses adresses favorites, Mapstr propose tout de même une vue liste permettant d’accéder à la totalité de sa sélection d’adresses. Mapstr pense à tout !

Échange de carte

Finalement Mapstr est une application très personnelle pour l’utilisateur. Elle n’apporte pas de recommandations sur de nouveaux lieux et personne ne nous en apporte. Elle a bien respecté la vieille bonne pratique d’une app = une fonctionnalité. Cependant, elle ne pouvait pas passer à coté d’un volet social. Cela rappelle à nouveau Foursquare, sauf que l’intérêt premier d’utiliser Mapstr n’est pas de retrouver des lieux recommandés par ses amis ou l’app, mais simplement de se créer une carte de bonnes adresses. Il serait donc intéressant de profiter de la carte Mapstr de ses amis, surtout lorsqu’on sait qu’ils connaissent plein de bons plans. Heureusement Mapstr a répondu à cette attente. Elle a récemment intégré la fonctionnalité d’accéder à la map d’autres utilisateurs de Mapstr. L’utilisation de l’application ne s’arrête désormais plus à simplement accéder à ses propres adresses. Elle va jusqu’à nous proposer la map de quelqu’un d’autre. On en revient encore une fois à la carte. On ne partage pas juste une adresse ou on ne cherche pas une liste de bars sélectionnés et notés par d’autres utilisateurs, comme avec Yelp ou Foursquare. On cherche un lieu sur une carte et pas n’importe laquelle ! La carte de nos amis proches, avec qui on sort toujours dans des lieux très sympas. Il ne s’agit pas de recommandations d’inconnus. L’intérêt de ce volet social est donc la mise à disposition de sa carte Mapstr, mais aussi de ses tags auprès de ses amis, juste pour partager nos lieux favoris. Après, ces derniers en font ce qu’ils veulent ! On ne sait même pas qui a visité notre carte et quand, ni s’ils ont testé et approuvé le lieu. On partage sa carte personnelle de bonnes adresses et on en fait profiter nos proches. Parallèlement, j’accède à leur carte, tout simplement. Le site de bons plans Merci Alfred, a récemment mis à disposition sa carte Mapstr. Je vous conseille de l’ajouter ! Rentrez le code Alfred. Autre actualité sur Mapstr, le récent partenariat avec Foursquare. L’application propose désormais de bookmarquer automatiquement chaque nouvelle adresse enregistrée à son compte Foursquare. À la sortie de Mapstr, qui a tout de même obtenu 50 000 téléchargements en un mois et juste après sa sortie, les médias se sont demandés si Mapstr allait ringardiser Foursquare ? Effectivement, le géant de la géolocalisation a dû avoir un peu peur… En tout cas, il a été opportuniste et a su saisir cette chance le premier. Foursquare est toujours dans le coup !

Pour conclure,

La conception de l’application Mapstr s’adapte réellement à une utilisation en situation de mobilité. C’est la carte interactive qui nous pousse à penser à l’utiliser. L’ajout d’info sur le lieu avec la création personnelle de tags dédiés, permet de mémoriser que nous l’avons enregistré. On adopte donc un réflexe Mapstr. Vous n’avez plus qu’à l’essayer maintenant ! Si vous avez d’autres applications de bookmark de lieux qui vous semblent tout aussi utiles voir plus pertinentes, n’hésitez pas à les partager pour une petite analyse UX !